Mon bénévolat dans la jungle

Cambodge
6 mai 2017 / By / , , / 6 Comments

Je voulais commencer mon grand voyage par quelque chose qui me tenait à coeur. Quelque chose que je trouvais utile.

J’ai toujours été intriguée par les animaux sauvages, et je sais que si l’on agit pas, pour les générations suivantes ils ne sauront sûrement plus qu’un concept. Comme les dinosaures. Des animaux un peu « magiques », qui auront disparus. À cause de nous. L’humanité.

Nos deux amoureux

Les éléphants sont des êtres majestueux. Une des seuls espèces qui restent et à coté de qui nous nous sentons si minuscules. J’ai googlé, j’ai trouvé l’organisation Elephant Nature Park, et j’ai décidé que mon premier bénévolat serait au Wildlife Sanctuary, à 100km au nord de Siem Reap. J’étais curieuse de voir comment mon argent (400$ pour la semaine) allait servir. Je m’attendais à quelque chose de bien. Ce fût encore mieux que ça. 

Ce magnifique projet est une initiative de Lek, qui signifie « petite », en thaï, mais qui est une grande dame. J’ai eu la chance de la rencontrer lors de ma dernière soirée passée dans la jungle. Sa plus grande et principale structure est à Chiang Mai, au nord de la Thaïlande. C’est avec ce sanctuaire qu’elle a commencé. Les postes de bénévoles sont bookés des mois à l’avance, et le camp est très grand. J’avais envie de plutôt prêter main forte dans un endroit pas encore très convoité, où ils avaient vraiment besoin de monde. C’est comme ça que je suis arrivée au Cambodge ! 🙂

Blessings par un moine, au commencement de notre semaine de bénévolat

Nous étions 5 bénévoles cette semaine (contre 60 en moyenne à Chiang Mai). Une grecque, une australienne, deux allemands, et moi. La structure est à taille humaine, on se lie vraiment avec les gens qui travaillent ici. Et on apprend TELLEMENT. Tout le monde est présent par amour profond pour tous les animaux, quel qu’ils soient. Les délicieux repas sont entièrement végétariens (et même à 80% vegan)… même les chiens ne mangent pas les souries qui se baladent ! 

Être bénévole au sanctuaire demande de l’engagement et une réelle volonté. On est pas là pour jouer avec des éléphants et se balancer dans des hamacs toute la journée. Les tâches sont difficiles, demandent de la résistance physique et surtout, de se dédier corps et âmes pour ces merveilleux animaux. Donc si vous ne vous voyez pas ramasser des excréments après votre petit déjeuner, sous 40°, ou couper des kilos de canne à sucre à la machette, alors ce bénévolat ne vous conviendra pas 🙂

Ciel étoilé, au dessus de la hutte/salle de bain. Et mon joli lit, petit cocon sous ma moustiquaire.
Le matin vers 5/6 heures, je faisais de la méditation ou du yoga sur ma terrasse. Le rêve.

La semaine est passée si vite. Nous avions des tâches quotidiennes : ramasser les besoins des éléphants et s’en servir de composte le matin, préparer leur nourriture et les nourrir l’après-midi… Et chaque jour nous apprenions plein de choses sur le terrain. Le sanctuaire espère bientôt devenir auto-suffisant, alors on plante des bananiers, des cannes à sucre, du chili…et on recycle tout. On marche dans la jungle au coté des éléphants, on va s’aventurer aux frontières du domaine pour créer des chemins. On a également donné des cours d’anglais dans une école voisine. La situation des locaux est précaire, et le sanctuaire essai de leur prêter main forte.

Les bénévoles et employés du Wildlife Sanctuary essaient de les sensibiliser à la gestion des déchets et à l’agriculture biologique. Dans de nombreuses régions du Cambodge, quand on a une poubelle, on l’enterre ou on la brûle, pensant que ça fera tout disparaitre; du coup, l’eau est très souvent polluée, et les gens tombent malades. En essayant de leur montrer une autre façon de faire dès le plus jeune âge, on leur permettra de faire leurs propres choix en connaissance de cause.

Le but des Elephant Nature Parks de Lek est de secourir les animaux et de les réhabiliter à la vie sauvage.

Malheureusement, une fois qu’un animal a connu la captivité et a été nourri sans développer ses réflexes pour survivre, il lui est difficile de les réapprendre à l’âge adulte. Les éléphants du sanctuaire ont auparavant été mal traité et exploité. Ils ont été utilisés pour mendier dans la rue, trimballer des touristes comme une attraction (s’il vous plaît, réfléchissez-y), dans des cirques… Ils gardent des blessures physiques et psychologiques très importantes, et ils ont du mal à refaire confiance aux hommes… qui pourraient les blamer !

Chaque parc fait plusieurs hectares, et les éléphants s’y baignent, se promènent et s’y nourrissent à leurs grès. On les surveillent et on les dirigent quand même un peu, pour être certains que personne ne va venir les enlever pour les re-exploités de nouveaux, ce qui arrive malheureusement plus souvent qu’on ne le pense.

C’est là que les mahouts entrent en jeux. Leurs rôles m’a réellement fasciné. Mais qui sont-ils? Les mahouts sont des hommes qui suivent et vivent au plus près des éléphants; ils en prennent soin, les guident, et parfois les dirigent. Mais ici, ce sont des « gentils » maîtres. Ils les aides à mieux comprendre et se servir du monde autour d’eux. Ils leurs parlent, arrivent vraiment à communiquer avec eux, et un lien très fort se créé.

Les rangers devant leur hutte, à l’orée du parc

Les éléphants ne sont pas les seuls à être secourus ici. Chaque parc est le refuge de pleins d’animaux : chiens, singes, tigres, serpents… Chaque être vivant est sacré là-bas. Et c’est quelque chose qui m’a vraiment touché.

Cette semaine a été magnifique pour moi. Tout ce que j’attendais, mais en mieux. Ça sonne cliché, mais j’ai énormément appris sur tout : la nature, les animaux, le travail, les autres, et moi-même. Les personnes s’occupant de ce projet sont formidables; et chaque centime est proprement utilisé, pour aider les animaux et la vie sauvage. Je ne peux que vous conseiller de tenter l’expérience. Que ce soit en Thaïlande ou au Cambodge (bien que je recommande le centre près de Siem Reap, où on a davantage besoin de nous !). Vous pouvez n’y aller qu’une journée, une semaine, plusieurs… Pour plus de renseignements, voici le lien de l’Elephant Nature Park.

Un dernier mot… s’il-vous-plaît, arrêtez de monter sur le dos des éléphants pour le « fun ». Pour l’exotisme. Arrêtez TOUT COURT. Non, ça ne les amusent pas. Ils n’ont pas une belle vie. Aimeriez vous transporter des touristes sur votre dos plusieurs heures par jour sous le soleil, sous les coups d’une pioche ? Plutôt que de vous promenez dans votre habitat naturel avec vos paires ? NON. En participant à ce manège, c’est comme si vous étiez d’accord avec le fait qu’on les séparait de leur famille, qu’on tuait leurs parents, qu’on les battait jusqu’à tuer leurs esprits pour qu’ils soient dociles. Ce rituel existe : cela s’appelle le phajaan. Réfléchissez-y.

Soyez la voix des éléphants 

Si vous avez des questions, n’hésitez pas ! ♥

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6 Comments

  1. Joss dit :

    Top article qui fait réfléchir …
    Tu as du vivre des moments émouvants et plein de tendresse avec ces grands êtres.
    Tu peux arriver à sentir un réel échange avec les éléphants ?
    Dans ces sanctuaires conçus pour eux, tu sens qu’il retrouvent (trouvent?) de la joie de vivre ?

    Joss

    • AC dit :

      Merci 😀
      Un échange commence a se créer après une bonne semaine, mais on est ici en tant qu’aide plus que pour réellement vivre avec eux 🙂 et oui ils se libèrent de plus en plus au fil des mois, même si pour la plupart ils ont l’air vraiment fatigués quand meme :/

  2. Proudjo dit :

    Quelle idée merveilleuse la création de ce sanctuaire ! Mais ceux que je trouve surtout formidables, ce sont les bénévoles qui consacrent leur temps , un peu de leur argent , et toute leur générosité pour contribuer à ce beau projet dans des conditions matérielles qu’on imagine pas toujours faciles……En tous cas , une fois de plus , ton article et tes photos font rêver et réfléchir et donnent envie de suivre tes pas : chapeau l’artiste !

  3. Nastasia dit :

    Cette semaine a du être incroyable ! Comme tu le dis, ce ne doit pas être de tout repos, mais au moins tu te rends utile et tu agis pour une belle cause. Je trouve ça vraiment génial que tu aies choisi un endroit où vous étiez peu de bénévoles, cela donne encore plus de sens à ta démarche.
    Je crois que je serais très émue si un jour j’ai l’opportunité d’approcher des éléphants, surtout dans ce contexte.

    En tout cas merci pour ce bel article plein de tendresse.

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Salut, moi c'est AC : je suis libre, optimiste, curieuse. Je prends des photos, je médite, j'arpente le monde, je danse pendant des heures et je ris aux éclats. J'espère que vous apprécierez mon voyage... Pour en savoir plus, cliquez sur le dessin. Bienvenue sur mon blog !

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